Chaque jour, je me frotte les yeux…

Chaque jour, je me frotte les yeux…

Depuis quelques semaines et avant que le confinement ne soit annoncé, je me frotte les yeux… depuis le 1er avril, j’ai même l’impression qu’on me fait des farces tous les jours… Pourquoi? Car je suis atterrée chaque jour par ce que je lis, vois, entend…

Du positif, bien sûr, mais aussi du tellement « hallucinant » que si l’on ne vivait pas une époque trouble, je me dirais que ce n’est pas drôle.

Et ce n’est pas drôle.

Du tout.

Que l’Etat n’ait plus de stocks de masques pour protéger les soignants, qu’ils pensaient, en cas de « coup dur » pouvoir en commander en Chine. Chine qui refait surface, qui veut bien envoyer ses masques, mais qui les laissent partir aux mains des plus offrants, Etats-Unis en première ligne, ceux-là même qui ont longtemps, sous la coupe de leur chef d’Etat péroxydé des cheveux et du teint, réfuté l’idée d’une atteinte de leur pays par ce virus. Qui en font aujourd’hui tristement les frais.

Pas de masque, mais pas de matériel non plus : si on m’avait dit un jour que Decathlon offrirait ses masques de snorkeling pour les adapter en masque respiratoire pour les malades du Covid19, j’aurai souri… on dirait une info du Gorafi (pour celles et ceux qui ne connaissent pas, le Gorafi est une version parodique des sites d’actu, qui reprend de façons très sérieuses certaines choses de façon totalement WTF et c’est tellement bien fait qu’on y croit !). Bref.

Plus de blouse non plus… mais en France, on a de la suite dans les idées : on fait appel aux mains, aux gens, pour participer à l’effort de guerre (cette guerre tant prononcé par notre président Macron). Oui, c’est comme en temps de guerre : les usines tournent pour produire des solutions hydro-alcooliques, peu importe si avant ça, elles faisaient du gel douche Miss Dior ou du shampooing premier prix. Elles produisent, embouteillent, étiquettent et envoient au front. Pareil pour les masques : les patrons (pas les dirigeants, hein, les modèles, les dessins, les plans) circulent, le tissu est réquisitionné, les machines à coudre turbinent, pour sortir des masques, encore et encore (tandis qu’on nous annonce que des commandes continuent d’arriver et que c’est attendu jusque fin juin !). Il en faut des milliards, des masques, on n’avait rien.

Dans un autre ordre de biens de consommation, on ne manque pas de papier toilette (j’ai pu en acheter, OUF, moi qui commençait (réellement à m’inquiéter quand j’ai vu que certains dévalisaient vraiment les grandes surfaces !) – mais on manque de farine : les français « patouillent ». Moi aussi depuis novembre, je patouille beaucoup plus (j’vous avais dit que j’avais « investi » dans un robot de cuisine?) et je me suis essayé au pain avec succès et je fais aussi des brioches pour les enfants. Mais on essaye aussi de soutenir nos commerçants locaux, ceux qui continuent d’ouvrir pour nous nourrir, notamment… (j’avoue avoir eu un peu peur – et je continue d’être sur la garde – quand j’ai vu que les gens avaient fait des stocks, car je n’aurai jamais cru que ça en viendrait là… cela dit, l’OMS et l’OMS prédisent une crise alimentaire d’ampleur (la France a de quoi produire, encore faut-il des mains, mais quid des pays qui sont dépendants d’un point de vue des matières premières alimentaires?).

Pour finir sur une note positive, c’est beau aussi de voir cette entraide, de voir certains artistes, musiciens partager des choses agréables…de voir les soignants serrer les dents bien qu’on devine chez eux, fatigue, colère, résignation, peur, etc…

En attendant, il faut rester chez soi et remercier sans égal ceux qui sont au front, soignants, commerçants, livreurs (pour certaines branches d’activité – pitié, laissez Amazon de côté !!), éboueurs, j’en oublie tellement. Il y aurait tant à dire et redire aujourd’hui, à la lumière des événements passés sur ces professions « précaires » mais dont on se rend compte aujourd’hui qu’ils font tourner la machine !

Chacun de notre côté, on peut faire un petit truc bien, voire plein de petits trucs bien pour améliorer les choses, tous ensemble ! Vous savez, aujourd’hui, ma petite fleuriste de quartier a posté un message sur sa page Facebook. Elle avait dû fermer le jour du confinement alors qu’elle venait de se réapprovisionner. Elle a donc distribué gratuitement à sa clientèle des fleurs (je n’y suis pas allée, zut !)… Activité non essentielle, bien sûr, mais qui embellit tellement la vie… et là, elle va pouvoir retravailler en livraison, a-t-elle annoncé sur sa page Facebook…. alors, je vais la soutenir en lui achetant un bouquet (j’avoue que ses fleurs me manquent et mon anniversaire de mariage et mon anniversaire arrivent alors, tout prétexte est bon), et si elle peut, des plantes pour le jardin (petit jardin qu’on a remis d’aplomb, vu ce beau soleil). Le boulanger, on y va moins, mais on ne l’oublie pas, tout comme le boucher, la petite supérette de quartier… etc… bon, j’avoue que mon chocolatier préféré – à 25 minutes à pied de chez moi – est ouvert pour Pâques. Mais là, je résiste (tu parles d’un héroïsme !), soyons sérieux, s’il était à côté, pourquoi pas, et même s’il est autorisé, je me vois mal aller m’approvisionner en me justifiant si j’étais contrôlée « monsieur l’agent, c’est pour ma dose de magnesium ». Soyons sérieux ! D’ailleurs, en parlant de contrôle, n’étant sortie qu’une fois pour la pharmacie (ordo renouvelable) et pour les courses (dans mon quartier et j’ai découvert le Drive !), je n’ai pas été contrôlée une seule fois… Et vous? Dites-moi, comment vivez-vous ces moments totalement « ubuesques »… Dites moi que vous allez bien !

NB : pas de photos… pas envie, j’en posterai prochainement, pour égayer tout ça 🙂 ne m’en voulez pas, j’avais peur d’être hors propos.

11 commentaires pour “Chaque jour, je me frotte les yeux…”

  1. J’ai beaucoup échangé avec les professeurs et proviseurs de mes enfants, les remerciant chaleureusement. Idem avec les commerçants et médecins avec qui on a eu contact.
    J’espère que cette période terminée on prendra les bonnes décisions et chemins pour un monde meilleur. J’espère qu’on aura cette force.
    Sinon, je suis la seule à sortir pour le ravitaillement de nous 6 une fois par semaine. Cette semaine, il y avait farine, pâtes et pq. Chose dont on manquait les autres semaines. On est 6, avant, je n’achetais aucun gâteau, on mangeait beaucoup de pâtes, depuis le début du confinement, il a fallu manger à 6, donc gâteaux en boîte ou en sachet, huile de palme… Et du PQ, on n’a jamais fait de réserve, mais 1 paquet par semaine a été problématique à trouver. Maintenant ça va.
    La première semaine les mamies me regardaient de travers quand je faisais les courses. A 6, en limitant à une course par semaine dans un seul magasin, mpn chariot est plein, surtout qu’on ajoute les midis, comme mon mari teletravaille et que les enfants n’ont plus cantine.
    Voilà, la première semaine de vacances scolaires touche à sa fin, et on termine doucement les cours en retard pour l’une de mes fille car l’enseignement à distance ça ne s’improvise pas.
    Ca va. Merci grandement à toutes ces professions et ces gens qui nous permettent de vivre normalement ou presque dans ce contexte sans oublier les personnes du milieu médical au sens très large.
    Ma maman est apparemment sortie de la zone critique du covid, des bises à tous

    1. Je te comprends pour le « regard de travers » quand tu fais les courses : ici à 5, mon caddie est aussi rempli quand j’y vais (enfin, quand j’y allais, maintenant, je fais un drive et pour le reste, je continue les courses chez les commerçants de quartier ce qui est bien pratique !

  2. J’ai aussi fait la remarque à mon conjoint : comment dans un pays comme le nôtre, des personnels soignants n’ont pas de matériel pour les protéger, doivent utiliser des masque en tissu fait pas des couturières amatrices parfois, des maques de plongées servent à maintenir en vie des patients…..C’est vraiment surréalistes ! Il y a uara des comptes à rendre, je pense….
    J’espère que ça permettra aussi de se poser les bonnes questions, mais j’en doute. Au nom de l’économie à remettre sur pied, on encouragera toujours plus de surconsommation, un capitalisme sans aucune humanité, et toujours le mépris de l’écologie…. ben oui, faut bien faire de la croissance !
    Pas de contrôle (mais bon, je ne suis sortie que 2 fois pour les courses depuis le début et c’est dans des quartiers pas énormément fréquentés) et ça va bien. Au début c’était dur, et puis finalement, on essaie de prendre les choses comme elles viennent en cherchant toujours le positif que ça apporte. Il y a des gens dans des situations bien plus difficiles, donc on lève la tête de nos nombrils et on profite au mieux !

    1. Comme tu le dis, il faut arrêter de se regarder le nombril, nous sommes globalement dans une situation à peu près correcte pour « supporter » le confinement donc il faut prendre son mal en patience… faire la gueule (comme le font certaines de mes connaissances), je ne comprends pas… que le moral soit fluctuant, ça se comprend, faire la tête H24, non !

  3. J’espère également que nous tirerons quelque chose de positif de cette crise, et que cela permettra de reconsidérer la place et l’importance qu’on accorde aux soignants, mais aussi à tous ceux qui font fonctionner le quotidien et qui sont parfois un peu méprisés ou oubliés parce qu’ils n’ont pas des métiers ou des diplômes prestigieux…
    Mon confinement est, globalement, peu pénible ; j’ai de la chance. Beaucoup de travail : mon mari et moi nous sommes rendu compte qu’on en faisait beaucoup plus en télétravail qu’en présentiel. J’envoie à mes étudiants des analyses de texte de 20 pages, alors qu’en cours je n’aurais eu le temps que d’en dire le tiers ! Et nous constatons que nos enfants reçoivent aussi une sacrée quantité de leçons, exercices, etc… Mais les vacances arrivent : youpi ! même si nous allons évidemment rester dans nos pénates.
    Nous allons faire des provisions tous les quinze jours ; du coup, je fais du pain et des gâteaux pour le goûter (et j’ai confiné mon pèse-personne !). J’ai pu trouver de la farine et de la levure, mais en revanche, mon Leclerc – le Leclerc infâme, le seul qui n’a pas appliqué les règles de distanciation et qui s’est fait taper sur les doigts – n’a plus d’oeufs du tout. Pas une seule petite boîte.
    Je téléphone à ma maman tous les jours et je suis soulagée de voir qu’elle va bien : cela me fait quand même beaucoup stresser de savoir qu’elle est seule à son âge, mais elle continue à faire son ménage, ses repas et à lire comme d’habitude, donc j’essaie de ne pas psychoter…
    Je croise les doigts pour que la courbe s’infléchisse bientôt : les soignants sont vraiment dans une situation terrible et la pression qu’ils endurent me paraît inimaginable.

    1. Beaucoup de monde s’est mis à la cuisine, en effet ! Ici, j’essaye d’espacer les courses autant que possible, pour éviter de sortir… à 5, avec deux repas complets par jour, ça diminue vite malgré tout 🙂 mais ça se passe au mieux 🙂

  4. J’habite en plein centre ville et n’ai jamais vu de contrôle. Jusqu’à ces jours ci, peu de monde dans les rues mais vendredi en allant jusqu’à un parking où est organisée une vente de primeurs par des producteurs, je me suis fait la réflexion qu’il y avait beaucoup de voitures qui circulaient.
    Quasiment tous les commerces de bouche sont ouverts aux alentours, parfois selon des horaires diminués, ce qui se comprend car moins de personnel y travaille.
    Quant au moral, c’est très fluctuant mais je pense que je ne m’en sors pas trop mal, étant assez casanière. Mais si ça dure cet été ?

    1. tout à fait d’accord sur ta remarque « les soignants sont plus utiles que les footballeurs » 🙂 pour le reste, le moral fluctue aussi, il faut faire avec ! Bon courage !

  5. Je n’ai pas été contrôlée mais je pense que si tu veux aller chez ton chocolatier tu n’es pas obligée de donner des détails si ? il doit bien y avoir un autre commerce à côté ! en revanche mon fils l’a été deux fois en Bretagne, il dit qu’il va travailler (c’est vrai) et tout se passe bien
    le 11 mai ça fera trois mois que je n’aurai pas vu mes enfants ni leurs bébés, et deux mois que je n’aurai pas vu mon père confiné dans son EHPAD et à qui il faut remonter le moral tous les jours par e-mail…
    quand Roselyne Bachelot achetait de masques et des vaccins, elle se faisait insulter par des gens sans aucune culture médicale qui oubliaient qu’elle était pharmacienne. Maintenant qu’il n’y a plus de masques ls gens râlent aussi. et l’attaque contre le capitalisme m’amuse bien, sachant que ce sont les entreprises qui d’elles-mêmes ont fabriqué gel et masques sans attendre l’Etat
    Ma fille biologiste me faisait remarquer qu’l y a grosso modo une pandémie par siècle, c’est tombé sur nous..

    1. Je comprends bien que ton papa en Ehpad n’a pas le moral, et encore « le moral » le mot est faible : je suis scandalisée, retournée, très triste par tout ce qui touche « nos vieux » (mot écrit gentiment, aucunement comme un jugement)… et ça me prend régulièrement à la gorge…. je suis inquiète aussi pour ma mère qui ne mangeait pas trop, mais depuis qu’on a pu la voir en visio (organisé par la résidence où elle se trouve !), ça semble aller un peu mieux ! Espérons que tout ça ne dure pas trop longtemps !

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