La déconfiture du déconfinement

La déconfiture du déconfinement

Je vous disais – dans cet article – à quel point les premiers jours du déconfinement ne changeraient pas grand chose – pour moi, au début… puis peu à peu, on a observé que peu à peu, le monde aspirait à revenir au monde d’avant… Aujourd’hui, c’est bel et bien ancré : aux premiers jours du déconfinement, beaucoup de monde, apparemment, dans certains magasins (type Zara ou Fnac) de ce que j’ai pu voir dans certains articles… Ici, nous nous sommes offerts le luxe d’aller acheter un barbecue (waouhhh 🙂 On n’en avait plus depuis l’an dernier, j’avais très envie, vu le beau temps, de grillades (viande mais aussi légumes – si vous n’avez jamais essayé, les brochettes de légumes, c’est un délice !).

Je me suis progressivement mise à travailler dans mon jardin (depuis 15 ans que je télé-travaille, je n’avais jamais vraiment essayé)…

Petit à petit, j’ai repris le chemin des courses : toujours en local pour le frais, mais plus de Drive, j’essaye de retourner en supermarché parce qu’au moins, j’ai ce que je veux, sans manque (le Drive, j’ai testé, c’est très pratique, mais il manquait souvent beaucoup de choses, même à la fin du confinement, quand la situation commençait à se « détendre »…. Et quand je vais faire mes courses, je constate beaucoup de relâchement : plus de masques, ou très peu, pas de distanciation respectée… je comprends qu’on se dit que c’est bel et bien fini, et j’aime croire que c’est bel et bien vrai mais restons prudents pour le moment !

Mais le plus dur, c’est de voir un certain retour à la normale, comme si ce que nous avons vécu n’était rien et que tout repartait à la normale : j’aurai aimé/souhaité que cette parenthèse nous invite à penser, à réfléchir différemment, que les gens se recentrent sur l’essentiel, mais c’est un voeu pieux !

L’égoïste restera égoïste, le consommateur effréné continuera sur sa lancée (en rattrapant même le temps perdu !), etc…. et ça me fout un coup de bourdon… Oui, j’ai le cafard.

Je n’ai pas peur du déconfinement, même si j’appréhendais un peu les choses, mais maintenant, je suis clairement rassurée, je pense qu’on est sur le bon chemin (quant à cet automne, là, personne parmi les médecins et scientifiques peuvent nous dire ce que ça donnera)…. mais j’ai peur de ses lendemains : peur pour ce que ça va donner pour l’économie, de manière globale, sur les emplois, l’humeur, etc… mais aussi peur pour la planète : qu’est ce que ça lui a fait du bien. deux mois de répit comme jamais : les abeilles n’ont jamais produit autant de miels que ce printemps d’après les apiculteurs, les animaux ont pu vivre sans la crainte d’être chassés et je ne parle même pas de la pollution qui a clairement bien diminué (non, mais vous vous rendez compte qu’on voyait les sommets de l’Himalaya depuis l’Inde, chose qui n’arrivait plus depuis 100 ans!).

Bien sûr, on ne peut pas tout arrêter, la consommation, la circulation, la vie en somme, mais certaines choses ne tournaient pas rond, il serait temps d’y mettre un terme. Un de mes grand regret, par exemple, c’est de voir que le plastique, qui a clairement été battu/combattu à corps et à cris ces derniers mois (avant la Covid) a fait un grand retour en force : sous prétexte d’être l’arme hygiéniste par excellence, il a de nouveau été érigé comme le rempart contre le virus. Sauf que les études scientifiques (relayées par les médias grand public) ont montré que le coronavirus SARS-Cov2 survivait le plus longtemps sur du plastique. Donc niveau protection, bof, hein…? C’est un peu désolant même si je comprends la nécessité de se sentir protégé(e) et en ce sens, l’usage unique, le suremballage nous donne cette illusion….

Bref, bref… J’ai évidemment envie, comme tout le monde que tout aille mieux dans le meilleur des mondes et je suis très positive pour ça, mais malgré tout, j’ai un pincement au coeur… ce que je viens d’exposer entre en partie dans ce « vague à l’âme », mais pas que…

L’impression que les jours de certains ne seront pas heureux (je ne parlerai pas – volontairement – de ce qui se passe aux Etats-Unis, je suis révoltée, mais impuissante et je ne comprends pas).

Le pire, je ressens (et je vois) de l’inquiétude, une inquiétude indéfinissable, injustifiée parfois chez ceux pour qui ça va « plutôt bien », je veux dire qui n’ont pas eu de soucis de santé, qui n’ont pas eu de soucis d’argent (les deux choses – on va dire – essentielles pour beaucoup d’entre nous en ce moment – il faut être clair, la santé sans virus et la possibilité de finir le mois sans se soucier de pouvoir manger, c’est quand même essentiel…) et je me dis que l’on devrait tous être le moteur d’une sorte de résilience (suis-je bien claire?)… Parfois, ceux qui ne vont pas si bien essaient (en apparence du moins) d’aller bien, de remonter le moral de ceux qui se noient dans un verre d’eau (même si on ne sait jamais tout des gens, mais pour certains, quand on les connait bien…)… Et vous, vous vous sentez comment depuis ce déconfinement? Heureuse, malheureuse, dans l’attente, déconfite?

10 commentaires pour “La déconfiture du déconfinement”

  1. Un peu triste de voir arriver la catastrophe écologique, les images des masques dans la méditerranée m’ont désolée, sachant qu’elles ont été prise le 13 mai… Très triste de lire ce qui se passe aux USA, et dans d’autres endroits (pareil que toi chomage, précarité, pauvreté exharcés…).
    A titre personnel, je ne peux pas me plaindre. Je reste prudente face au virus. Ca a l’air derrière pour l’instant. Et ma région n’a pas été très touchée. J’ai quand même ma maman qui est toujours malade du covid, et qui ne s’en sort pas.

    Ca y est depuis le 14 mai, nous avons pu aller voir certains amis, manger avec eux en extérieur (pas au restau’, mais dehors dans les jardins). Nos enfants aussi, ont pu voir quelques copains de la même manière.

    Côté consommation, je ne suis pas une bonne citoyenne. Je continue à faire mes courses une fois par semaine en prenant en priorité du local dans mon petit supermarché du coin, et a commandé chez mon boucher. Mais je ne veux plus aller dans une grande surface.
    Mes listes de courses sont à nouveau en adéquation avec nos principes de ne consommer que ce dont nous avons réellement besoin, d’éviter les produits transformés (pendant le confinement on avait dû oublier ça pour un temps et racheter des gâteaux industriels par exemple, faute de farine, oeufs, etc…).
    Bon quand même, on va surement s’acheter quelques livres, et aller au restaurant dés qu’on pourra, puis on avait réservé une location cet été alors on ira. Et vous d’ailleurs quid des vacances ?

    1. Tu dis que côté consommation, tu n’es pas une bonne citoyenne : mais tu es – à mon avis – au dessus de la moyenne en achetant local, même si c’est en grandes surfaces ! Nous aussi, on évite les produits transformés, mais j’essaye aussi d’équilibrer pour faire plaisir aux ados 🙂 pas simple, hein !

      1. Merci, c’est surtout que je ne fais pas repartir l’Economie.
        J’achète des Kinder classique, seul produit avec de l’huile de palme, mais comme toi je risque une rébellion des enfants ! Bon après courses de la semaine, impossible de faire l’impasse sur les madeleines, je me console avec la liste d’ingredients qui n’est pas trop dégueu’.
        Sinon, on fait frites / hamburger / poulet pané, faits maison. Et on s’est lancé dans les recettes coréennes et japonaises, ça plait beaucoup !

  2. Salut ! Je suis comme toi assez désespérée de voir que le confinement n’a pas changé grand chose alors que j’en attendais aussi beaucoup : comme une pause pour réfléchir, mais tout a été très vite et beaucoup de choses sont redevenues comme avant, et c’est dommageable !
    Je reste prudente côté virus même si je pense qu’on tient le bon bout et côté consommation, je continue sur ma lancée : réfléchir avant de consommer.
    L’avenir nous dira si on tient comme ça, la planète nous le dira, j’en suis convaincue.. et tout s’est accéléré ces derniers temps !

    1. Oui, la planète nous envoie des signaux, je suis comme toi, convaincue qu’il faut l’écouter ! Mais les « grands » de ce monde, les chefs d’Etat, écoutent-ils?

  3. Je n’attendais pas du positif après la période que nous venons de vivre aussi je ne suis pas déçue par les comportements post confinement. Énervée, ça oui, par les masques par terre ou mal mis, par les détritus sur les bords de Saône ou du Rhône ( dans la fontaine en plein cœur de la ville aussi).
    Qui pensait que deux mois auraient changé le monde? Allons…

    1. Je suis naïve, car oui, j’ai osé penser que des choses changeraient… Je sens tout de même des frétillements, des envies de changement et j’espère que ça va « prendre »

  4. Comme tu peux le deviner, je te rejoints totalement dans tes pensées. Ma naiveté a ses limites et si j’ai pu espérer un meilleur « après » je ne me faisais pas trop d’illusions. Et comme un gros souci économique vient se greffer, on est pas près de voir des améliorations. Personnellement, je n’avais pas attendu le confinement pour changer mon mode de vie et bien sûr je vais le poursuivre. La déconfiture économique et mon peu d’espoir de trouver un emploi ne me feront pas renoncer à cela. On nous demande de (sur)consommer pour aider les entreprises, certains sont menacés de baisse de salaire alors qu’ils ont bossé comme des acharnés pour sauver la boite…. Pas sûre que le monde d’après sera joli joli. Donc il faut faire au mieux, à titre individuel.

  5. Bonjour,

    On vit dans un monde où :
    – 3h de queue pour un McDo ( https://www.midilibre.fr/2020/04/22/3-h-de-queue-pour-des-nuggets-lincroyable-cohue-provoquee-par-la-reouverture-dun-mcdo,8857535.php )
    – on se bat pour du Nutella ( https://www.lesechos.fr/2018/01/nutella-une-promotion-dintermarche-tourne-a-la-bagarre-982880 )
    – on braque des transports de masques ( https://www.huffingtonpost.fr/entry/une-cargaison-de-masques-destines-a-lile-de-france-braquee-en-espagne_fr_5eb50557c5b62d0addace153 )
    Bref…

    J’ai malheureusement bien peur que, si changement il doit y avoir, cela se fasse dans la douleur : soit on change notre société, soit l’évolution de notre monde nous forcera à changer.

    Pendant ce temps-là :
    https://www.huffingtonpost.fr/entry/selon-une-nouvelle-etude-lextinction-massive-actuelle-est-en-pleine-acceleration_fr_5ed78e69c5b67e43149d6890?utm_hp_ref=fr-homepage
    https://www.leparisien.fr/environnement/environnement-faut-il-interdire-l-abattage-massif-dans-les-forets-05-06-2020-8330220.php

    Et quelles solutions, dans une société totalement orientée vers la (sur)consommation ?
    A part un changement global (mondial)…

    Vous me direz, « faisons comme le colibri » ( cf https://reporterre.net/Et-si-le-conte-du-colibri-n-etait-pas-gnan-gnan ) !
    Sauf que… pendant que le colibri amène un verre d’eau, plusieurs verres d’essence sont jetés dans le feu.
    :/

    Pessimiste ?
    Oui. Parce que, à mon humble avis (valant ce qu’il vaut), je pense qu’il faudrait d’abord changer les mentalités pour changer la société, que chaque personne prenne conscience que l’humain fait partie intégrante de la nature, que l’humain n’est pas « une pièce à part » du puzzle, et que les ressources sont limitées : quoi qu’on fasse, le diamètre de la terre restera de 12 742 km.

    « Dommage » & « gâchis » : dommage d’avoir une si belle planète & d’en faire un tel gâchis…

  6. Je ne peux que vous rejoindre toutes et tous.
    Les SUV ont repris la route, FedEx vole à nouveau au dessus de mon jardin, les livreurs d’Amazon sont à nouveau au bord la crise d’hystérie lorsque je m’arrête à un stop devant eux, les détritus ont repris leurs « droits » sur la nature mais multipliés par 10, les consommateurs se ruent à nouveau chez Action et Primark comme si leur vie en dépendait.. même si secrètement « je rêvais d’un autre monde « , le retour de l’ancien était en effet tristement prévisible.. pourtant, je ne lâcherai rien sur le boycott des gafa et autres marchands de plastique à usage unique. Que la force soit avec nous

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