[Lecture] Si c’est un homme – Primo Levi

[Lecture] Si c’est un homme – Primo Levi

Cette semaine, dans l’actu, on a beaucoup parlé de la libération, il y a 70 ans, des camps de la mort nazis. De celui d’Auschwitz, le plus tristement connu d’entre eux. Une dizaine d’années de plus, avec encore quelques survivants, peut-être la dernière fois où ils pourront être présents (ce sont des octo/nonagénaires).

Si en parler maintenant nous semble à tous évident pour perpétuer le travail de mémoire, il faut savoir que juste après la guerre, les survivants des camps n’en parlaient pas ou prou, et surtout, les gens, après la guerre, voulaient tourner la page, entendre parler d’autre chose que ce qu’il s’était vraiment passé.

C’est dans ce contexte que Primo Levi écrit « Si c’est un homme », journal de sa déportation à Auschwitz en 1947. Initialement publié par une petite maison d’édition, il n’a connu le succès qu’on lui connait que 10 ans plus tard (et traduit en français seulement en 1987, d’après Wikipedia).

primo levi si c'est un homme

Je l’ai intégré parmi la liste de 10 livres qui m’ont le plus marqués (ici) car pour quelqu’un qui s’intéresse à cette période de l’Histoire, c’est évidemment un livre à découvrir si on ne le connait pas. Un témoignage brut, sans fard, de la barbarie, qu’elle soit en l’occurrence ici nazie, mais aussi de toutes les barbaries humaines. Un récit que l’auteur avoue volontiers un peu décousu écrit avant tout en vue d’une « libération intérieure » (quand on sait que Primo Levi s’est suicidé en 1987, on peut se demander s’il y est jamais parvenu).

Tout ici y est consigné, de manière méthodique, factuelle, de l’organisation du camp, de son fonctionnement, de la vie qui s’y passe malgré tout, de la mort, partout présente, presque observée avec indifférence par les internés qui la côtoie au quotidien… La faim, le froid, la peur, l’indifférence, la fatigue, la maladie et la mort, tout y est consigné par l’oeil « scientifique de Primo Levi (il était chimiste de formation, c’est aussi ça qui l’a « sauvé » dans les camps car les nazis exploitaient aussi les savoirs et savoirs-faires des prisonniers).

Primo Levi

Un témoignage vraiment bouleversant, indispensable à lire, si l’on s’intéresse à cette triste page de l’Histoire . Et si l’on ne s’y intéresse pas, je dirai qu’il faut le lire, pour savoir, car le travail de mémoire est, selon moi, indispensable, d’autant que les derniers survivants des camps s’éteignent à petit feu.

 

21 commentaires pour “[Lecture] Si c’est un homme – Primo Levi”

  1. C’est un ouvrage vraiment impressionnant. Je l’ai intégré depuis deux ans dans un de mes cours de littérature comparée dont le thème est « descentes aux enfers » ; la description du voyage et de l’arrivée dans le camp est presque de l’écriture blanche et reprend cependant tous les thèmes obligés du voyage aux enfers depuis l’antiquité. C’est incroyable de maîtrise et en même temps, on perçoit bien que c’est pour Levi un moyen de mettre à distance des souvenirs qui, sur le mode du sentiment, seraient indicibles.

  2. j’en ai lu plusieurs , il le faut pour : « plus jamais çà » ! après on se sent mal très mal ,comme après avoir vu de ses yeux un camp de concentration . maintenant je ne peux plus , çà fait mal et honte .comment a t-on-pu laisser faire il n’y a pas si longtemps .

    1. j’en ai lu pas mal aussi, dont certains documentaires, des témoignages sur les SonderKommando (un qui a miraculeusement survécu…), terrible !

  3. je l’ai lu en terminale en Lettres et en cours d’italien. Je me rappelle encore le « se quest’è un uomo, che lavora nel fango, che non conosce pace » et j’y repense chaque fois que je gâche un quignon de pain.
    Je compte le relire, mais j’ai peur d’être hantée par ces images la nuit :-/

  4. J’en ai lu beaucoup aussi car c’était le thème au programme quand j’étais en Hypokhâgne , c’est celui qui m’a le plus marquée, avec, dans un tout autre style, L’écriture ou la vie de Jorge Semprun.

    1. c’est « marrant », j’ai le même genre de réactions avec certains bouquins, acheter en « vrai » plutôt qu’en numérique… pour les mêmes raisons que toi… cela dit, celui-là, je l’ai acheté il y a longtemps, bien avant que je ne kindelise frénétiquement !

    1. au collège, je trouve ça « fort » de l’avoir étudié, moi je n’ai étudié aucun ouvrage de ce genre, ni au collège, ni au lycée, mais j’ai des parents qui s’intéressent beaucoup à l’histoire (mais pas sûre qu’ils l’aient lu un jour, mais d’autres…)…

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