Octobre rose, bonnes oeuvres et marques : un commerce juteux ou une volonté réelle?

Octobre rose, bonnes oeuvres et marques : un commerce juteux ou une volonté réelle?

Octobre rose arrive et sous couvert de servir une juste cause, nous allons avoir droit à une déferlante de rubans roses apposés sur certains produits de beauté, du « pinkwashing » !

pink ribbon

Que l’on souhaite sensibiliser à une juste cause (la lutte contre le cancer, plus particulièrement le cancer du sein) est noble et je suis la première à le défendre, sauf quand cela vire à la grande opération marketing qui transforme le cancer en un produit comme une autre (Noël ou la Saint-Valentin). J’exagère? Pas tant que ça. Encore qu’en France, nous sommes relativement épargnées, les opérations montent en puissance, c’est un peu comme la mode d’Halloween, faut voir si la sauce va prendre !

 

Ce qui est relativement agaçant, dans l’histoire, et c’est particulièrement l’objet de mon article, c’est que certaines marques ne sont pas super transparentes sur ce qui revient directement à la lutte contre le cancer. Précisément, on ne sait pas sur l’achat d’un rouge à lèvres de la marque Lambda c’est un exemple, j’aurai pu prendre celui du savon de la marque Alpha), ce qui revient à la marque, ce qui revient à l’association (laquelle?), sous quelle proportion. Sans compter que – je lance un pavé dans la mare, allons-y – je dirai que « charité bien ordonnée commence par soi-même », alors les marques, si vous pouviez aussi regarder ce que vous mettez dans vos produits ou la manière dont vous produisez, ça serait pas mal, non? Parce que le cancer, c’est aussi une affaire de prévention…

(c) http://greenpassionbeauty.com/

(c) http://greenpassionbeauty.com/

 

Un site (en anglais) recense un peu les différentes opérations marketing du Ruban Rose (Pink Ribbon) mais surtout invite à réfléchir sur ces opé (le site s’appelle « Think before you pink« )… c’est assez édifiant (je reste sans voix devant les grands « sauts » roses que proposait (ou propose encore?) la marque KFC (du moins aux Etats-Unis) pour combattre le cancer, alors que l’on sait que le surpoids et l’obésité (favorisés par la junk food que propose cette chaine) contribue à augmenter le risque de cancer (et de cancer du sein chez la femme à la ménopause). Cynique? Ou besoin de s’acheter une conduite? Je ne sais pas.

 

Vous ne rêvez pas !

Vous ne rêvez pas !

 

Toujours est-il que je ne suis pas contre ces actions, pour autant qu’elles permettent de rapporter directement de l’argent aux associations engagées dans la lutte et en intégralité. Je veux dire : une marque qui vend son rouge à lèvres un euro plus cher avec le logo du ruban rose et dit reverser cet euro à une association, c’est bien, soit, elle pourrait ne rien faire, mais au final, j’ai l’impression qu’elle vend tout de même son rouge à lèvres, et « profite » du sceau de la bonne action pour vendre. Vous voyez ce que je veux dire? En revanche, une marque qui reverse l’intégralité des bénéfices récoltés lors des achats, là, je dis oui (par exemple, en France, l’opération de la Flamme Marie-Claire, menée avec l’Occitane, reverse l’intégralité de ses bénéfices pour  la scolarisation des jeunes filles). C’est déjà mieux !

flamme maie-claire

Alors Ruban Rose, ou autre bonne action, oui, pourquoi pas, tant que ça ne devient pas un nouvel argument marketing pour vendre. Le mot est dit !

 

 

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12 commentaires pour “Octobre rose, bonnes oeuvres et marques : un commerce juteux ou une volonté réelle?”

  1. Coucou Anne-Lise!

    Contente de te lire de nouveau – ayant vécu le même drame que toi cet été, j’ai également beaucoup de mal à bloguer de nouveau.
    J’avoue avoir été un peu surprise par le contenu de ton article. Je suis sûrement naïve en ne m’ayant pas posé les 4 fameuses questions, mais j’achète tous les ans des produits estampillés Octobre rose des marques Estée Lauder (il me semble que sa fondatrice en a été atteinte), Clinique (groupe Lauder) et Aveda. Même si je n’ai jamais comparé les prix, ni ne suis interrogée sur le % reversé à la lutte contre le cancer du sein, ces 3 marques m’inspirent vraiment confiance et je crois profondément en leur éthique. La 1e fois que j’ai acheté un produit « ruban rose », c’était en 2004, à Toulouse, une très jolie palette Estée Lauder. Je me trompe peut-être mais il me semble que Lauder a été le premier groupe cosmétique à se lancer dans cette cause.
    C’est vrai que l’amalgame avec la folie Halloween et les trottinettes des années 1999-2002 peut se faire mais, naïveté sûrement oblige, je ne pense pas.

    Des bises et une très belle soirée.

    1. Je n’ai pas cité de marque à vrai dire, même si j’ai ma petite idée ! Juste que je regrette le manque de transparence et le fait que cela semble associé à une opé marketing… cela dit, comme on dit « mieux vaut ça que rien du tout » 🙂

  2. Bonsoir,

    Oui, c’est assez ironique de vendre-donner-et pas être clair sur ces ingrédients. Je pense qu’il vaut mieux donner à ce moment là si on doute, des dons à la ligue contre le cancer.

    Personnellement, je prends des fois des savons (ou autre) à l’occitanie en contrepartie d’une aide (la dernière fois pour offrir des lunettes dans des pays pauvres ).

    Bye.

  3. Bonjour,
    J’ai acheté une ou deux fois des bougies pour participer à cet événement. Néanmoins je partage entièrement ton sentiment. Je me suis toujours dit qu’il y a une manière de faire les choses de façon plus transparente et avec davantage d’honnêteté. C’est pourquoi si je souhaite participer à des campagnes de la sorte, je verse directement mon don à l’association concernée sans passer par un intermédiaire.

    Bonne journée.
    Laurence

    1. oui, c’est exactement ce que je me dis, sauf si bien sûr c’est un produit que j’aurai acheté, naturellement ! Les bougies, j’adore aussi et celles de l’Occitane sentent très bon !

  4. Je ne suis pas fan de ce type d´opération. Je préfère donner-agir directement car le manque de transparence que tu soulignes me gêne vraiment.
    De plus, quand il s´agit de produits qui peuvent être potentiellement cancérigènes (ce que tu notes aussi), ca devient ridicule.
    Faire au plus simple me semble la manière la plus adaptée.

    1. il m’arrive d’y participer, surtout quand c’est une marque que j’aime beaucoup (Clarins le fait avec une association contre l’arthrite, le Dr Courtin-Clarins étant impliqué dedans !) mais pour certaines marques (que je n’ai pas citées 🙂 cela ressemble à une simple opportunité marketing ! dommage !

    1. hello ! je réponds un peu tard, désolée ! Oui, noble cause mais tout le monde s’en étant saisi à sa façon, cela perd un peu de son sens 🙁

  5. Tu as tellement raison! ces marques qui vendent des produits bourrés d’ingrédients chimiques dont on ne connait pas vraiment l’innocuité pour certains et pour d’autres (perturbateurs endocriniens) sont clairement classés cancérigènes et qui viennent se donner bonne conscience en parrainant la lutte contre le cancer. Même si la démarche est louable à la base on ne peut que s’interroger comme tu l’as fait sur leur hypocrisie. Si le cancer devient un argument marketing le monde est vraiment tombé bien bas…

    1. hello ! je réponds tardivement à ton message, toutes mes excuses : mais comme tu le dis, si ça devient un argument marketing, on est tombé bien bas, mais je crois, je crains, même, hélas, qu’on s’apprête à franchir certaines lignes (aux usa, ils l’ont franchi, KFC qui propose de la « merde » (en terme de bouffe) dans un grand « bucket » (saut) rose pour le mois du cancer du sein, je trouve ça cynique !

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