On s’était dit rendez-vous dans dix ans… #10yearschallenge

On s’était dit rendez-vous dans dix ans… #10yearschallenge

En ce moment, sur les réseaux que l’on appelle « sociaux » et notamment sur Instagram fleurit un nouveau défi lancé par je-ne-sais-qui qui invite à se faire un avant-après entre le moi d’il y a dix ans et le moi d’aujourd’hui… le (fameux) #10yearschallenge (que j’ai aussi vu écrit #10yearchallenge)

De ce que j’ai pu voir, des hommes, des femmes se prêtent au « jeu » de la comparaison… cela s’arrête souvent à ce que l’on voit, donc au physique… certain(e)s ont perdu des kilos, d’autres ont perdu des cheveux (les hommes, souvent 🙂 et puis bien souvent, on se rend compte que … bah globalement les gens n’ont pas changé. Peut-être parce que les gens qui postent ces photos n’ont effectivement pas changé, peut-être que les gens qui ont changé mais « dans le mauvais sens » – selon eux – ne sont pas fiers de s’afficher comme ça… je ne sais pas… Mais ce challenge aurait du bon à montrer ce que ces photos ne montrent pas… et ça, comme à chaque fois sur les réseaux sociaux et encore plus à juste titre sur Instagram, une simple photo ne peut pas tout montrer… mais on en est – encore et toujours – au règne de l’apparence…

Pourtant, en dix ans, au delà des apparences, tellement de choses changent…

En 2009, justement, en ce qui me concerne, au mois de janvier, j’étais au fond du gouffre, je vivais le pire début d’année de mon existence et l’année qui s’apprêtait à se passer n’augurait pas la meilleure qui soit… Je n’ai donc pas, personnellement, de photo de moi à cette époque, j’ai plein de photos des enfants, d’autant que mon cadet fêtait ses 3 ans en janvier !

Avril 2009, on dira que c'est presque il y a dix ans !

Avril 2009, on dira que c’est presque il y a dix ans !

Début janvier 2019, j’allais présenter mes voeux à ma famille et en revenant en voiture, je me sentais non seulement fatiguée, mais j’avais une drôle de sensation au niveau des jambes… trois jours plus tard, j’étais hospitalisée avec une batteries d’examens (on ne m’a jamais retiré autant de sang pour différentes prises de sang qu’à cette époque !), une ponction lombaire qui m’a traumatisée (et qui m’a laissé un syndrome post-ponction m’obligeant à rester allongée pendant quelques semaines, tellement les céphalées étaient importantes)…et à la clé, si j’ose dire, une myélite qui me laissait complètement à plat d’autant que le traitement d’attaque, les bolus de cortisone, m’empêchaient de dormir (déjà qu’on ne dort pas la nuit à l’hôpital, mais là…). Sortant de l’hôpital, on me suspectait une sclérose en plaques. 32 ans, presque 33, j’avais deux jeunes enfants, une maison pleine d’escaliers – mon monde s’effondrait… Le choc.

S’en est suivie une dépression, car je vivais cette annonce comme une épée de Damoclès : potentiellement, la sournoise – cette maladie qu’est la sclérose en plaques, pouvait être là – ou pas. Je ne savais pas. Il fallait attendre.

Les mois passèrent et une embellie apparut, a priori, les plaques trouvées sur ma moelle épinière avaient régressé et c’était plutôt bon signe.

Au moment où cela commençait à aller mieux, mon grand frère, mon frère aîné, fut hospitalisé en réanimation, subitement, soudainement pour un souci de santé qui aurait (peut-être?) pu être pris en charge correctement si cela avait été plus précoce (on ne saura jamais, il ne vaut mieux pas, avec des « si », on fait toujours mieux, ne pas ressasser le passé…) et moins d’un mois plus tard, il est parti. Aussi subitement et soudainement que son hospitalisation. Le choc. Impossible à croire, à réaliser. Pendant plusieurs mois, je n’arrivais pas à le voir autrement que la dernière fois que j’avais vu son visage, pour un dernier aurevoir, et ce n’était pas forcément l’image que je voulais retenir de lui… même en y repensant c’est difficile…

Puis la vie s’est installée, là, au fond de moi : ma troisième grossesse, mademoiselle C. Cette grossesse n’était pas de tout repos, puisque mon début d’année ayant été éprouvant, je dormais très mal (couchée tous les soirs à 22h, je me réveillais vers 3/4h du matin, au plus tard, toutes les nuits, j’étais sur les genoux…).  C’était l’année angoissante de la « crise » de la grippe A où les médias racontaient en boucle que cette grippe était terrible, particulièrement pour les femmes enceintes, bref, tout à fait rassurant… Eh bien, je vous le donne en mille, c’est qui a eu la grippe A? Non pas moi, mais mon fiston de 3 ans, et j’ai dû aller à l’hôpital avec lui pour un prélèvement et prendre du Tamiflu pour moi… masques obligatoires à la maison, c’était le gros flip… les médias continuaient de parler de manière très anxiogène de cette grippe A (et difficile pour moi de me couper des infos, c’est mon métier, surtout dans la santé !). Trois semaines plus tard, re-grippe, cette fois-ci, mon mari : j’ai alors dû prendre du Relenza et j’ai fini par accompagner mon fils aîné à l’Institut Pasteur pour qu’on se fasse vacciner, lui et moi, indemnes jusqu’à présent de la grippe, pour éviter de continuer à flipper…. Bref…

Cette année 2009 fut donc bien houleuse et une « leçon de vie » en quelque sorte. Et pourtant, on dirait que cela a glissé sur moi : ça ne se voit pas, physiquement parlant, je veux dire. Ou si peu. Quelques kilos en plus, sans doute, cortisone et grossesse ayant bien aidé, mais c’est finalement pas ça l’important… Globalement en dix ans, le visible n’a pas beaucoup changé, à l’intérieur, c’est autre chose… Des peurs que je n’avais jamais ressenties sont venues se terrer au fond de moi et ré-apparaissent parfois, des tristesses jamais rencontrées n’ont jamais été guéries, des angoisses bien prégnantes sont devenues chroniques. Et pourtant, ça ne se voit pas.

Je vous parle aussi de tout ça, sous forme d’un article confessions auquel je ne me suis jamais autant prêté, parce qu’en dehors de #10yearschallenge, une amie, que j’ai vue ce WE m’a dit quelque chose de très gentil (merci Agnès), sur la confiance en soi. Et c’est quelque chose qu’on me dit souvent… Alors je pense que je devrais commencer à le croire… Pourtant, au fond de moi, j’ai un sentiment ambivalent. Je peux être très confiante en certaines choses, mais à côté de ça, je suis de celles qui sont peu confiantes en elles… je me demande comment c’est possible, d’ailleurs, c’est tellement paradoxal ! Je ne sais pas d’ailleurs, si vous réussissez à comprendre ce que je veux exprimer… Toujours est-il que ce sont des choses qui se travaillent et sur lesquelles je travaille, d’ailleurs : encaisser certaines choses, essayer de ne plus prendre des coups (et dieu sait que c’est difficile) et toujours aller de l’avant…

Si facile à dire et pourtant, parfois, on est tellement au fond du trou que c’est plus facile, plus confortable de rester terrée là où l’on est… Mais je dirais que certaines épreuves nous rendent plus fort : cela fait partie des dictons-à-la-con (pardon pour celles qui affectionnent ça) que l’on peut entendre parfois. Je suis intimement persuadée que la richesse  et l’altruisme des gens peut aussi se mesurer aux épreuves qu’ils ont vécu (mais ne m’éloignerai-je pas de mon sujet de base?).

Quelque chose que je devrais m’imprimer, relire dans les moments où j’ai envie de rester au fond du trou, parce qu’on peut se relever… La capacité de résilience de l’esprit humain est tout à fait remarquable (je ne parle pas de moi, je veux dire en général !).

Soyez heureuse, ayez confiance en vous, restez humble sur votre place (pas toujours facile, n’est-ce pas?)… ne vivez pas pour les autres, mais avec les autres, avec vos défauts, leur qualités, et inversement… on apprend encore et toujours.

Je n’aurai jamais cru que je poserai un jour chez Harcourt, et pourtant… On pourrait retenir cette jolie photo pour ce challenge, moi j’en retiens surtout le chemin parcouru !

LE BOUDOIR DE VESPER AnneLise_9110

(oui je sais, cet article est incroyablement long avec une seule photo (vous aviez déjà vue l’autre) …

Si vous avez tout lu, bravo ! Dieu sait que le règne de l’image a pris le pas !)

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26 commentaires pour “On s’était dit rendez-vous dans dix ans… #10yearschallenge”

    1. comme dirait le grand poète Patriiiiiccccckkkkk, on ne peut pas mettre 10 ans sur table, comme on étale ses lettres au Scrabble (je suis d’humeur taquine avec les chanteurs pour midinettes !)

  1. J’ai aussi tout lu 🙂

    Je t’admire Beaucoup pour ton courage et ta résilience…

    Je te remercie de partager ton expérience avec nous, elle nous enrichit.

    Que dire de mieux que… à dans dix ans!

  2. Quel article magnifique… J´ai presque envie de dire le plus beau jamais lu sur ton blog.
    Sacrée année 2009 (2009, ca me paraît il y a juste qq années et pas DIX ans…) dans ta biographie.
    Merci d´avoir partagé ton histoire avec nous.
    Je suis contente de te savoir « entre de bonnes mains » avec un mari en or et des enfants avec lesquels tu t´entends bien. <3
    Ca me fait chaud au coeur pour toi!

  3. la vie est souvent difficile , j’en connaissais un peu (le monde est petit) ; il ne faut pas baisser les bras et continuer à marcher ! bises à vous .

    1. comme vous dites, le monde est petit : ça m’a d’ailleurs fait « drôle » que vous connaissiez mon grand-frère, le destin nous met parfois des rencontres sur le chemin…

  4. J’ai tout lu également : à croire que les lectrices de ton blog sont de parfaites réactionnaires qui n’ont pas succombé à la tyrannie de l’instantané ! 😉
    Merci pour ce bel article. Certaines des situations que tu évoques font écho, comme ce visage des derniers instants qui demeure longtemps imprimé dans la mémoire et l’emporte sur tous les autres souvenirs qu’on a de quelqu’un. Pour moi, c’était celui de mon père, et comme pour toi, la vie a repris ses droits avec la naissance de mes enfants (jolie pirouette du destin : ma fille est née le jour anniversaire du décès de mon père, chassant ainsi l’aura de chagrin qui entourait cette date).
    La menace de la grippe A, ça me rappelle aussi des souvenirs : je l’ai eue au début d’une grossesse, qui n’y a pas résisté.
    Dix ans, cela passe vite, et pourtant, que de souvenirs et de chemin parcouru…
    Allez, rendez-vous dans dix ans ! 😉

    1. tu parles de pirouette du destin : je l’ai véçu avec mon frère… alors qu’il s’éteignait, la vie a pris place en moi… et une petite fille est née 9 mois plus tard… j’y ai vu un signe, ….

  5. Quelle émotion j ai ressentie en lisant ton article et que c est touchant ce partage avec nous
    Rien que pour ça merci
    Bravo pour ta marche en avant
    Et encore une fois merci de ta confiance

  6. Coucou,

    L’ effet « moutons » de ce genre de challenges sur les réseaux sociaux m’agace au plus au point.
    Lorsque j’ai commencé à lire ton article (que j’ai terminé ), je me suis dit : enfin quelqu’un qui en fait quelque chose d’intéressant !
    Non seulement tu abordes le fond et non la forme, mais en plus, tu te livres sur des épreuves traversées.
    Merci.
    C’est ce que j’aime lire, de la sincérité, non du fake, de la profondeur.
    Je te souhaite une superbe décennie à venir

    Kissoux
    Tina
    https://wakeupthequeen.com/

  7. J’ai tout lu aussi. Très bel article très touchant. L’annee 2009 n’a vraiment pas été facile pour toi. Bravo d’avoir eu le courage de la détailler ici.

    Ah la fameuse grippe A, j’avais oublié que c’etait 2009.

    1. La grippe, il y en a tous les ans, mais cette épidémie de grippe A, c’était un peu la « folie », on a voulu nous faire peur, je me souviens aussi de beaucoup de « fake news » circulant à ce sujet… bref…

  8. Coucou ma belle,

    J’ai tout lu. Je connais en partie tous les épisodes que tu as traversé ces dix dernières années et je peux te dire que tu es forte ! Je ne sais pas comment je serai mais là n’est pas la question.
    Prends soin de toi surtout.
    Je t’embrasse
    Julie

  9. Oui j’ai tout lu, et j’admire d’autant plus ta force intérieure…Je me reconnais beaucoup dans ce que tu écris.
    La Vie aime parfois semer tout un tas d’embûches pour nous mettre à l’épreuve….
    Affectueusement <3

    1. merci pour ton message : la vie n’est simple pour personne, mais parfois, elle est vraiment chieuse ! Bref, il y a 10 ans, c’était pas facile-facile… et je ne savais pas à quoi m’attendre ! Malgré tout, les épreuves sont passées et m’ont permis d’avancer ! C’est la vie !

  10. Article très touchant plein de sincérité. En 10 ans il peut se passer tellement de choses . Ces temps ci je passe par des moments pas facile et parfois c’est dur il y a des jours où je vais être plus motivée que jamais et des jours où je passe mon temps à pleurer c’est ainsi il faut se dire que la roue tourne mais pas évident parfois de garder la tête haute.

    1. Quand on est dans la tempête, pas facile d’y voir clair… mais quand c’est passé et qu’on a réussi à faire face, c’est bien de se rendre compte du chemin parcouru !

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